Ces gestes “0 déchet” que j’ai abandonnés

Il y a deux ans de cela, sur mon précédent blog, je publiais un article qui présentait les premiers gestes adoptés en matière de réduction des déchets. Loin d’être satisfaite de cette première avancée, j’envisageais sérieusement de pousser cette démarche à son paroxysme. Mais ça, c’était avant de devenir maman, et surtout, avant de naviguer de désillusion en déconvenue. Le manque de temps et les déceptions ont eu raison de la majeure partie de mes bonnes résolutions.

Dans la salle-de-bains

C’est du côté de la salle-de-bains que j’ai abandonné le plus d’initiatives positives.

L’oriculi, utilisé pendant plusieurs mois, a été délaissé au profit des cotons tiges. En toute franchise, après utilisation de l’oriculi, la sensation de propreté n’atteignait pas celle prodiguée par les cotons tiges. Ce n’est pas un outil commode à manœuvrer, et je n’ai jamais éprouvé une entière confiance envers lui, à cause de sa finesse, mais aussi de son matériau.

L’abandon des cotons démaquillants lavables est très récent. Mais après trois ans, j’ai fini par remettre en question l’utilisation de ces disques lavés des dizaines de fois. Si ma peau sensible tolérait plutôt bien cette habitude au départ, la présence d’imperfections légères mais persistantes m’a un jour questionnée : et si les disques lavables étaient en partie responsables ? Il faut croire que la piste était la bonne, car depuis que j’ai réintroduit l’utilisation de cotons jetables (bio et non blanchis cependant), l’état de ma peau s’est considérablement amélioré. Il faut croire que les passages quotidiens en machine à laver n’avaient jamais raison des impuretés démaquillées. Si certaines acceptent parfaitement l’emploi de disques lavables sans notifier le moindre changement, a priori, ma peau ne supporte pas la moindre contrariété et possède une marge de tolérance aux bactéries extrêmement faible.

S’il y a bien un changement dans ma routine auquel je tenais, c’était l’adoption de la cup depuis plus de sept ans. Malheureusement, après mon accouchement, je n’ai jamais pu la réutiliser sans que des douleurs vraiment désagréables ne surviennent. J’ai persisté pendant six, sept mois, pour finalement comprendre que je ne méritais pas de m’infliger mensuellement une double peine. À mon grand regret, il m’a fallu en cesser l’utilisation. Cependant, l’emploi de protections hygiéniques reste moindre car je les associe à un apprentissage du flux instinctif libre.

Enfin, ce sont les cosmétiques solides que j’ai cessé d’employer dans ma routine beauté. Adieu dentifrice, déodorant, savons et shampoing solides. Bienvenue de nouveau au tube de dentifrice, aux bouteilles de shampoing, au stick de déodorant et au savon liquide. Pour ce qui concerne le dentifrice, il faut avouer que les propositions naturelles et zéro déchet en la matière n’équivalent vraiment pas ce que l’industrie nous vend. Souvent, les ersatz bios avaient mauvais goût, ne moussaient pas, n’étaient pas pratiques, ne séchaient pas… et donc n’étaient pas hygiéniques. Il en va de même pour les savon solides, véritables nids à bactéries que j’ai bannis, tant pour le visage que pour les mains. Aussi, les nombreux shampoings solides que j’ai testés m’ont tous, sans exception, asséché les cheveux et le cuir chevelu, étaient très difficiles à rincer et généraient des nœuds.

J’achète désormais des flacons plus grands, et des recharges quand cela est possible.

Dans le reste de la maison…

Du côté de la maison, c’était déjà compliqué pour moi de trouver des alternatives convenables à l’époque où j’étais le plus motivée pour me débarrasser des déchets. J’avais testé la lessive maison, la fabrication du nettoyant ménager ainsi que du liquide vaisselle. Outre les odeurs lassantes de vinaigre blanc et de savon de Marseille, force était de constater que ces produits étaient tout à fait inefficaces. De nouveau, je me procure des produits tout faits, et quand je le peux et que cela me convient (c’est-à-dire fonctionne), j’achète dès que possible un produit à la composition “propre”.

L’essuie-tout avait également été banni de la cuisine. Il n’y refait surface qu’à de rares occasions, mais il s’avère finalement très pratique. Cependant, ce n’est toujours pas un produit indispensable, et j’en achète très rarement.

Enfin, le plus gros investissement réalisé pour réduire mes déchets avait été le filtre Berkey. Je n’ai jamais regretté cet achat, mais à l’arrivée de bébé, il m’a été déconseillé de préparer les biberons avec de l’eau filtrée. Les bouteilles d’eau minérale ont dû retrouver leur place dans la cuisine. Elles ne servent qu’à bébé et dès que son âge le lui permettra, cette mauvaise habitude d’eau embouteillée sera de nouveau abandonnée.

Conclusion

Évidemment, l’abandon des bonnes résolutions en matière de réduction des déchets n’est pas une fierté. Mais il est nécessaire aussi de savoir se rendre à l’évidence; il faut une volonté de fer et une persévérance en acier pour résister à l’achat de produits plus efficaces, qui facilitent la vie et sont tout simplement pratiques. Par manque de temps, d’idéalisme et de foi en ce projet (la philosophie du colibri ne m’a pas vraiment convaincue), je n’ai pas su abandonner définitivement des objets qui consomment des ressources, encombrent nos espaces et nécessitent un traitement particulier pour être éliminés. Si ce mode de vie convient à certains, il faut que ceux qui ne peuvent le suivre puissent, avec honnêteté et sincérité, expliquer les raisons qui les empêchent de rompre avec des habitudes qui les accompagnent depuis toujours.

Attention, je n’invite personne à surconsommer, ni à se procurer les produits les plus nocifs, et encore moins à générer un maximum de déchets. Pour ma part, je dois acheter trois paquets de cotons tiges par an, un bidon de lessive tous les deux mois et quatre rouleaux d’essuie tout par trimestre. Je dis simplement qu’entre la consommation effrénée et la suppression pure et simple du moindre contenant ou produit, il existe une voie de l’entre deux, un chemin raisonnable qui, je pense, est finalement adopté par la plupart d’entre nous.

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